Liberté de courir : le terrain de football rénové par l’ICEJ transforme la vie des jeunes Israéliens
Date - 12.2.2026Par Nativia Bühler
Dans un coin tranquille du nord d’Israël se trouve un internat qui sert de refuge à certains des enfants les plus vulnérables du pays. Soixante-seize garçons et filles, âgés de sept à dix-huit ans, y vivent. Environ soixante pour cent d’entre eux ont été victimes d’abus, de négligence ou de toxicomanie dans leur famille. D’autres viennent de foyers touchés par la maladie mentale ou la toxicomanie. Des travailleurs sociaux de tout Israël les placent ici parce que leur foyer est trop dangereux pour qu’ils y restent.
Pour ces enfants, la guérison n’est pas compliquée ; elle passe par de petits rythmes pratiques comme des repas réguliers, des séances de thérapie, les encouragements du personnel et, surtout, un espace pour respirer, bouger et jouer. Ici, l’espace le plus apprécié de tous est le terrain de football.
Récemment, grâce à un don de chrétiens du monde entier, ce terrain a été entièrement rénové et resurfacé, le transformant d’une base en béton dangereuse en un endroit doux et sûr où les enfants peuvent courir sans crainte de se blesser.
« Du matin au soir, les enfants sont sur le terrain », explique Ariel, l’un des responsables de l’internat, qui travaille ici depuis vingt-sept ans. « C’est l’endroit où ils libèrent leur énergie, leurs émotions, tout ce qu’ils ont en eux. Certains d’entre eux y joueraient vingt-quatre heures sur vingt-quatre si nous les laissions faire. »
L’ancienne surface était usée, fissurée et dangereuse. Les enfants glissaient, trébuchaient et tombaient. Une rénovation complète est nécessaire tous les cinq à sept ans, mais le coût est élevé et les ressources sont toujours limitées. Lorsque des chrétiens allemands ont proposé leur aide, le personnel leur en a été extrêmement reconnaissant. Peu après, des amis chrétiens des États-Unis, du Royaume-Uni et d’autres pays se sont joints à eux, transformant ce projet en un magnifique cadeau des nations.
L’impact de la rénovation du terrain est particulièrement visible dans la vie de deux jeunes frères arrivés il y a seulement quelques mois.
Les garçons de Kiryat Ata ont seulement huit et dix ans. Leur mère souffre de dépression et de toxicomanie, et leur père est en prison. Leur environnement familial est tellement dangereux que leur mère doit souvent les enfermer à l’intérieur pendant de longues périodes, par crainte des dangers extérieurs. N’ayant aucun exutoire sûr pour dépenser leur énergie, les garçons vivent dans une sorte d’enfermement émotionnel, agités et pris au piège.

« Quand ils sont arrivés ici, c’était comme ouvrir la porte d’une cage », se souvient Ariel. « Comme des chevaux qui étaient piégés et qui ont soudainement été libérés dans la nature. » Et en effet, la transformation a été immédiate. Dès la première semaine, le personnel a remarqué que les garçons couraient sans cesse, sprintant à travers le terrain de football avec de grands sourires qui leur avaient manqué depuis trop longtemps. Leur mère leur rend également souvent visite et est rassurée de savoir qu’ils sont en sécurité à l’internat.
« Liberté » est le mot qu’Ariel utilise le plus souvent lorsqu’il parle d’eux. Le terrain est devenu le symbole de cette liberté, un lieu où le mouvement, la joie et l’enfance font leur retour. L’internat ressemble presque à des vacances pour les garçons, un espace rempli de possibilités qu’ils n’ont jamais eues chez eux.
« Ils nous disent toujours : “Vous pouvez me punir, mais ne m’éloignez pas du terrain de football” », raconte Ariel en riant. « Pour eux, c’est tout ce qui compte. »
Mais si le terrain est très apprécié, il ne constitue qu’une partie d’un environnement thérapeutique complet. L’internat propose des programmes de psychologie, des parcours éducatifs spécialisés, des déjeuners et dîners chauds quotidiens. Chaque enfant bénéficie d’une thérapie hebdomadaire, qu’il s’agisse de musique, de théâtre, d’animaux ou d’autres traitements adaptés à ses besoins.
L’impact à long terme est remarquable. Les diplômés terminent leurs études secondaires, font leur service militaire, poursuivent des études universitaires et se construisent une vie stable. Certains trébuchent en cours de route, mais le personnel considère les erreurs comme faisant partie intégrante du processus de reconstruction d’un avenir.
« C’est un travail dont on tombe amoureux », réfléchit Ariel. « Chaque jour est différent : de nouveaux enfants, de nouveaux bénévoles, de nouvelles histoires. Et vous savez que vous avez un impact sur la prochaine génération. »
Ariel est arrivé à l’école à l’âge de 18 ans, après l’avoir choisie pour effectuer son service civique national. Ce qui devait être une mission de deux ans s’est transformé en une vocation pour la vie. Il parle des enfants avec l’attention de quelqu’un qui a contribué à les élever. Au fil des décennies, il en a vu des centaines arriver brisés, silencieux, en colère ou renfermés, puis revenir lentement à la vie grâce au travail patient du personnel.
L’histoire du pensionnat avec l’ICEJ remonte à plus de quarante ans, et Ariel exprime sa profonde gratitude pour ce partenariat continu. « Nous invitons les chrétiens à venir voir comment les enfants jouent et rient », dit-il. « Leur don a fait sourire les enfants… et il n’y a pas de meilleure thérapie que le sourire. »
Grâce à ce terrain de sport rénové, des dizaines d’enfants disposent désormais d’un endroit sûr où courir, se défouler, guérir et simplement redevenir des enfants. Vos dons permettent à l’ICEJ d’offrir un avenir et de l’espoir aux Israéliens. Faites un don dès aujourd’hui à notre fonds « Avenir et espoir ».